NEW SPACE : d’un Ciel à l’autre, du neuf et de l’ancien.
La CFTC s’est souvent amusée à écrire des fables à la manière de La Fontaine, pour dénoncer le management qui opère comme les maquignons en choisissant les plus belles bêtes pour former le troupeau idéal. Pourtant, dans le projet présenté par Airbus Safran Launchers aux niveaux hiérarchiques (mais pas aux partenaires sociaux) appelé NEW SPACE de cellule réduite et délocalisée, formée des 10 ingénieurs les plus motivés en vue de créer un projet de lanceur sans contraintes, avec des ruptures technologiques, il y a certes un risque de maquignonage, mais aussi un contexte extrêmement motivant qu’il serait stupide de rejeter a priori.
Le challenge des hiérarchies est de trouver (et donc de se déposséder) des gens motivés, hypercompétents, prêts à s’arracher les tripes pendant 3 ans, fonctionnant en permanence en cellule de crise, avec un budget pour l’instant limité à un an de salaires (donc pas d’achats, de maquettages, de développements probatoires). Des salariés sans contraintes familiales, pouvant passer des semaines dans des régions étrangères (la silicon Valley, par exemple, d’où reviennent Messieurs Endres, patron de AIRBUS Group, et Gerwert, patron de Airbus Defence and Space) pour s’imprégner d’une culture « passion de la conquête » version2.0.
Ces salariés ingénieurs idéaux doivent également avoir l’esprit d’entraide, le sens du collectif et du sacrifice d’eux-mêmes et de l’ambition. Bref, des apôtres du nouveau management, comme naguère les Douze.
L’expérience bi-millénaire montre que ça peut marcher, moyennant une rallonge budgétaire exceptionnelle de 30 deniers, la perte du chef, quelques fractures et égarements.
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