Le matriciel envahit les organisations de nos Groupes.

Le matriciel est une organisation qui postule que les liens fonctionnels entre les personnes ne sont pas les liens hiérarchiques. Il est à l’origine de bien des Risques Psycho-Sociaux (RPS), car générateur d’injonctions contradictoires entre plusieurs donneurs d’ordres.
Le concept d’entreprise intégrée en rajoute une couche : lorsque le Client ou le partenaire industriel est intégré dans l’équipe de travail, pour des raisons de réactivité et de transparence, on ne sait plus qui commande qui…lorsque le Client est roi et que le partenaire aux dents longues ne pense qu’à « croitre en compétence » (entendez : prendre la place de son donneur d’ordre)

Le sommet, c’est lorsque les organisations traverses les raisons sociales (les entités juridiques), avec détachements géographiques, constitution de plateaux opérationnels : éclatement de la communauté sociale au profit de la communauté de projet.

Dur-dur pour les Institutions de Représentation du Personnel, qui étouffent devant la multiplicité des informations, la diversité des situations de sujétion ou de précarités internes, les saisines d’instances dont la Direction a beau jeu de dire qu’elles ne sont pas appropriées au problème soulevé…et la partie de ping-pong entre les IRP des « stake holders » continue, pendant laquelle les problèmes s’accroissent et les calendriers avancent, sans solution aux problèmes soulevés. Dialogue social formel conforme au budget alloué, mais IRP inopérantes (risque budgétaire nul) : le tour est joué !

Si ce sont les notions même de communauté et d’autorité qui sont soulevées par la question du matriciel, on devrait faire évoluer le code du travail en attachant les mandats de DP et CE bien au delà des périmètres juridiques ayant présidé aux scrutins électoraux. L’agilité et la réactivité requises par les affaires devraient trouver, en miroir, les mêmes réactivité et souplesse au niveau social. Messieurs-dames les juristes, à vous de jouer !

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