Le 10 mai dernier, les AFC ont manifesté leur opposition à la GPA, et elles ont eu raison.
Nous pourrions même mettre « raison » au pluriel tant sont nombreuses les raisons de s’opposer à la GPA, Gestation pour autrui.

Mais avant tout, reconnaissons légitime la détresse des couples qui ne peuvent pas concevoir un enfant, fruit de leur amour et de leur désir de transmettre la vie.
Reconnaissons comme légitime aussi, le désir des femmes qui voudraient aider ces couples.

Pourtant, il y a le problème psychologique de la rupture du lien mère-enfant qui s’est tissé in utero.
Il y a la marchandisation de l’enfant.
Il y a la marchandisation du corps de la mère biologique ou, selon les techniques, de la mère porteuse (qui n’est pas nécessairement celle qui a fourni les gamètes).
Bref, il y a de nombreuses questions morales sur ce que ce procédé fait de l’être humain, et de nombreuses questions éthiques sur le fait même d’y penser sérieusement : toute-puissance des grands sur les petits, des forts sur les faibles, des clients sur les fournisseurs, de l’employeur sur le salarié…

Ah tiens, on y vient….

Ce billet a donc sa place dans le blog CFTC à bien des titres, mais  je voudrais particulièrement faire porter l’éclairage sur la question du travail de GPA. Question mineure par rapport aux autres, mais comme on le sait, le diable se cache dans les détails.

Le droit du travail impose une durée de travail journalière maximale, un temps de repos minimal entre deux journées de travail, la nécessité de prendre un congé hebdomadaire, etc….le code du commerce et de la consommation impose des garanties sur les vices cachés, garanties décennales, obligation de respecter des délais, etc.
Cherchons juste à appliquer ces quelques principes élémentaires à la GPA : comment être enceinte 8 ou 10 heures par jour? Comment suspendre sa gestation pendant 10 heures mini? Les nausées de début de grossesse sont-elles une maladie professionnelle? Le client-employeur a-t-il des obligations en termes de formation professionnelle, de mutuelles complémentaire, etc.

Il faut reconnaitre que face aux enjeux éthiques, cette réflexion est assez sordide. Mais ce qui est tout aussi sordide, c’est que ce sont souvent les mêmes, ceux qui, nuits debout après nuits debout, veulent maintenir les acquis sociaux et s’assoiraient volontiers dessus lorsqu’il s’agit de GPA et d’autres pseudo-droits des forts sur les faibles, issus de la logique du mariage pour tous.

Allez également écouter Joseph Thouvenel, au sujet de l’esclavage…on n’en est pas loin !

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