L’idée semble juste : supprimer de l’assiette de l’ISF le capital détenu dans les entreprises, cela permettrait à de nombreuses personnes un peu frileuses de franchir le pas et d’investir moins dans la « pierre » (l’immobilier) et plus dans l’outil productif.

Un syndicaliste cohérent peut se réjouir d’un dispositif qui permettra certainement de dynamiser l’investissement de nos entreprises et la création d’emplois. Attention toutefois à surveiller certains paramètres :

1/ que l’investissement soit effectivement créateur d’emplois, et si possible en France.

2/ que l’investissement dans les entreprises soit réellement éthique. Nous avons déjà écrit un article dans ce blog à ce sujet. Une SICAV, un OPCVM, un FCP ne sont pas des supports réellement éthiques, ni dans leur composition, ni dans leur mode de gestion. Seul, l’investissement au capital d’une PME dans laquelle on a confiance parce qu’on en connait les acteurs, est un acte réellement citoyen.

3/ il y a des richesses immobilières qui sont en réalité des charges : on pense à un patrimoine familial ancestral, que l’honneur d’une génération est de recevoir et de transmettre à la suivante, et qui ne consiste pas en un placement mais en une dette envers les générations futures. Nous nous trouvons là dans le registre de la culture, de l’identité nationale, du récit réel, petite histoire dans la grande Histoire, et qui qui fait partie de l’âme d’une nation.

Le syndicaliste CFTC n’est peut-être pas directement concerné par ces histoires de châteaux de famille, mais il constate qu’une bonne idée d’origine doit être surveillée pour ne pas être pervertie. Ainsi en est-il d’autres projets libéraux que prévoient nos hommes politiques actuels, notamment avec la dérégulation du travail et la refonte du dialogue social : quelle en est la finalité ? la France avec toute son épaisseur charnelle et territoriale, ou la Finance, avec son immense puissance et sa volatilité inconstante ?

 

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