Les jeunes CFTC se retrouvent à Strasbourg pour une séance énorme de team building sur 3 jours, éligible à la formation syndicale et sociale.

Vous trouverez ici tous les éléments pour vous y inscrire, si vous n’avez pas trop passé la date de péremption…. : JEUNES CFTC STRASBOURG

Petite réflexion au passage, sous forme de thèse, antithèse et synthèse, à l’ancienne.

Thèse : C’est un vieux con qui vous écrit.

Les entreprises font du jeunisme, et la CFTC semble leur emboiter le pas, pour des raisons stratégiques de reconnaissance au niveau de la politique nationale. Le jeunisme, ça fait bien, c’est dans l’air du temps, c’est très média-compatible, digi-compatible. C’est la culture du zapping, de l’échangisme, des règles qu’on fait exploser, de la société qu’on rêve de réformer. Mélange d’énergie du jeune adulte et de pensée magique héritée de l’enfance. Période bénie où l’on s’engage dans les grandes causes humanitaires, sans trop réfléchir, simplement parce qu’on y croit. Les entrepreneurs et les médias rêvent d’une société où l’adolescence de prolongerait indéfiniment. Cela a été diagnostiqué il y a plus de 40 ans : c’est l’adulescence. L’atterrissage est parfois rude.

Lorsque l’instabilité de cette période aura fait le nouveau standard, il n’y aura plus de place pour les vieux cons, c’est-à-dire en fait tous les chargés de famille qui veulent une certaine stabilité pour simplement pouvoir remplir leur devoir d’époux et de parents.

Méfiance, circonspection. Posons-nous la question : quel est l’intérêt de mettre en exergue les caractéristiques de la jeunesse ? Qu’est-ce qu’il y a derrière ? La société qui en résulte est-elle intégrative ou crée-t-elle de l’exclusion ? Revenons aux fondamentaux anthropologiques : les besoins de la nature humaine (voir la pyramide de Maslow ou celle d’Aristote), relisons Simone Weil (l’enracinement), Thérèse d’Avila (Le château intérieur). C’est pour cela qu’il faut que des gens ayant dépassé la limite de péremption puissent malgré tout assister et participer à cette rencontre : pour dire aux jeunes qu’ils ne seront peut-être pas jeunes à vie, et qu’ils se font utiliser pour d’autres finalités moins vertueuses.

Antithèse : Je reconnais bien un cinquantenaire et sa faculté à toujours voir le risque caché dans l’opportunité !

Moi, je le prends comme une chance de pouvoir faire émerger de nouvelles idées, de nouveaux thèmes… qui ne seraient pas forcément entendus s’ils étaient étouffés au milieu de la masse. Ça ne veut pas dire que tout ce qui en sortira sera pertinent ni que tout devra être généralisé à tous. Mais au moins, des nouvelles voix pourront s’exprimer sans le regard inquisiteur des vieux !

La limite est toujours difficile à fixer… et c’est toujours embêtant de se retrouver du mauvais côté de la barrière… mais il faut bien en fixer une !

Et puis résumer les moins de 35 ans à « la culture du zapping, de l’échangisme, des règles qu’on fait exploser, de la société qu’on rêve de réformer », c’est bien la preuve que, de temps en temps, il faut se passer des plus de 35 ans…

Synthèse :

Allez-y nombreux, soyez vifs, créatifs, imaginatifs, intégratifs, et projetez-vous dans l’avenir que vous aurez contribué à façonner, en n’oubliant pas que cet avenir nous sera commun à tous : enfants, ados, adultes, vieux cons et carrément séniles, handicapés, valides, bien portants, malades,  mais tous humains. On ne lâche rien, jamais, jamais, jamais !

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