Dans le dernier bloc de réformes discutées avec les confédérations nationales se trouve une mesure qui mérite notre attention : la faculté pour les entreprises de pouvoir négocier avec les représentants du personnel hors supervision par les organisations syndicales. C’est à dire même lorsqu’il n’y a pas de Délégué Syndical.

Ainsi, face à des juristes professionnels, se trouveront des personnes certainement pleines de bonne volonté, pouvant s’appuyer sur les forums internet pour leurs négociations, mais peu ou pas formées à la pratique de la négociation ni à l’évolution des règlementations et jurisprudences.

Le principe de subsidiarité, qui laisse la maximum d’autonomie au niveau  de la prise de décision, pourrait être considéré comme respecté, à ceci près que ce même principe suppose, pour l’exercice de la responsabilité, un niveau de formation suffisant et une structure hiérarchique supplétive ou accompagnatrice (« subsidiaire ») en cas de défaillance. Or, ici, point de syndicat, donc point de structure d’aide.

Il se peut qu’après quelques années d’expériences décevantes, les élus sans étiquettes choisissent finalement d’adhérer à une confédération nationale de leur choix. Espérons que ce choix ne sera pas dicté par l’aigreur et l’amertume, mais par le profond désir de servir le bien commun : le choix du syndicat ne serait pas tout à fait le même.

Pour finir, tout cela risquera de tirer l’ensemble des statuts sociaux vers le bas, car nous pouvons parier que les entreprises de moins de 300 salariés feront la norme de demain, et les grands groupes caleront leur modèle dessus.

 

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