Monsieur Didier Baichère nous a fait l’honneur d’un entretien de près de 2 heures au siège du syndicat.

Il a été question de représentativité, de réforme du code du travail, de sujets à venir, tels que la formation, l’Europe.

Au sujet de la représentativité, Monsieur Baichère ne semblait pas avoir conscience de la fragilité juridique des ordonnances qui mentionnent que des « organisations syndicales liées par un accord » , c’est à dire ayant été signataires, pourraient ne pas pouvoir en accompagner le suivi en cas de perte de représentativité du fait d’un scrutin dans l’entreprise ou le Groupe, ou du fait d’une absorption/acquisition.  Pour Monsieur Baichère, une organisation signataire d’un accord et qui perdrait sa représentativité devrait toutefois continuer de pouvoir en contrôler l’application, « intervenir sur cet accord tout au long de sa durée de vie ».

En revanche, il n’est pas question pour lui de revoir la loi sur la représentativité : ce n’est pas l’urgence pour le monde du travail.

Réforme du code du travail : les ordonnances sont derrière nous, les parlementaires n’ont pas la main sur les décrets qui sont publiés par le ministère. La CFTC  estime que les députés ont toutefois la possibilité d’intervenir lorsqu’ils sont informés de risques inutiles que pourraient représenter le contenu de certains décrets : on pense notamment à la quantification des moyens de la représentation du personnel.

Sujets d’avenir : la formation professionnelle, l’ajustement de cette formation aux nécessités de l’industrie, la formation initiale et la formation continue, l’employabilité.

« L’ensemble des députés vient du monde du travail et est convaincu du bien-fondé de développer les compétences. « En marche » est un mouvement qui intègre le respect de l’humain et le développement des personnes. » La fusion entre les branches va permettre une simplification des dispositifs de formation continue. »

Pour Monsieur Baichère, le CPF (faisant intervenir OPCA, AFPA…) est un dispositif peu utilisé de par sa complexité. Dommage, c’est une des disposition du Statut du Travailleur d’origine CFTC : un droit de la personne non lié au contrat de travail…

Monsieur Baichère précise l’idée forte du Président de la République : « L’objectif serait d’avoir un grand service public de la formation capable de proposer un bilan de compétences une formation pertinente et du service de conseil aux entreprises sur leur stratégie RH avec une granularité en terme de compétences et non pas seulement en fiches de postes. (Ex développeur Java C++, compétence inconnue de pôle emploi). La connexion avec la formation professionnelle sera plus naturelle et plus efficace si on remet des professionnels dans les organismes de formation ». (Ingénieur dans l’école : un souhait vieux comme les réformes de l’éducation nationales, mais qui n’a jamais pu voir le jour !) Mais les choses évoluent : « l’orientation devient une matière à part entière au Collège ». Pour la CFTC, il est souhaitable en effet de faire éclore des vocations en présentant les métiers assez tôt. Monsieur Baichère insiste sur la nécessité de valoriser des métiers techniques, concrets, et de rendre les territoires de province attractifs : « A la commission Défense de l’Assemblée Nationale, il est question d’entreprises du GICAT qui vont être dans des phases de recrutement importants non seulement d’ingénieurs mais aussi d’ouvriers et de techniciens spécialisés.  Pour répondre à ce besoin de recrutement lié à des engagements de contrats malgré les difficultés d’embauches dans des villes de Province peu attractive mais qui sont l’aménagement vital du territoire national, il faut créer des internats d’excellence en province via l’éducation nationale. Ces établissements d’enseignement professionnel couplés à des entreprises partenaires permettraient de former des jeunes en rupture avec le système scolaire qui pourraient être recrutés ensuite par ces entreprises. »

Harmonisation du coût du travail en Europe : la CFTC interpelle Monsieur Baichère sur les trop grandes différences au sein de l’UE : comment voit-il la cogestion (modèle allemand), le principe de TVA sociale, dans un cadre européen redéfini par le discours présidentiel à la Sorbonne ?

« L’Europe a subi une crise des Télécoms car contrairement aux Etats-Unis, nous n’avons pas voulu faire bloc contre le constructeur chinois. Il faut mettre en garde les industriels sur leurs choix de marchés avec transfert de compétence qui aboutissent à de la perte du marché à terme.

Le président Macron souhaite fédérer les industriels Européens autour de 5 ou 6 pays moteurs qui vont harmoniser leurs décisions industrielles sur un domaine (comme par exemple celui de la Défense) et privilégier des listes de candidats multi pays aux élections européennes.

L’harmonisation Européenne permettrait d’éviter des abus de certains employeurs abuseurs. Il faut contraindre les entreprises à respecter le processus. »

 

La cogestion Allemande est un mode de fonctionnement culturel qui a ses limites lorsqu’une entreprise est de taille internationale. Ce modèle impose une double organisation du conseil d’administration avec des responsables de nationalité allemande à grade égal ce qui complexifie les négociations et peut amener à des situations de blocage. Ce qui pourrait freiner le développement international.

« Le modèle social de la France permet une planification réaliste des accords négociés sur un sujet de par la connaissance des principes et des partenaires sociaux ». La méthode du dialogue social en France est plus réactive que la méthode allemande.

« L’exemplarité et la force de l’Allemagne tient à ses régions. Il faut raisonner en territoires de projets au lieu de rester sur des contraintes administratives géographiques.

Par exemple le projet de la ligne 18 du Métro (Orly Versailles, SQY et en passant par le plateau de Saclay), est situé sur 2 zones administratives et permettra de relier les écoles qui sont sur Saclay et les entreprises qui sont sur St Quentin en Yvelines. Cela facilitera l’accès accès des étudiants aux entreprises et inversement. »

 

La CFTC invite Monsieur Baichère à participer à la session des Semaines Sociales de France dont le thème est « Quelle Europe voulons-nous ? ».

Ces rencontres amenées à être pérennisées au rythme de l’actualité économique et sociale. La CFTC Metal78 remercie Monsieur le Député pour sa disponibilité et l’intérêt qu’il marque envers les acteurs de l’économie réelle : Parallèlement, il a établi un calendrier de rencontres trimestrielles avec le MEDEF local.

 

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