Misère n’est pas pauvreté. Il est bon de méditer sur ces deux mots, en les mettant comme sur une balance à plateaux. Deux mots, pour deux sens. Voici une proposition qui permet de libérer la pensée : la pauvreté, ce pourrait être d’abord la vérité sur ce que nous sommes et sur nos besoins reels. On n’est pas loin d’Epicure, qui dit que le Bonheur c’est de se contenter de l’essentiel. La pauvreté, l’humilité, ce sont des grandeurs d’âme. Il y a une part de décision personnelle à se reconnaitre pauvre, et à le devenir.

La misère, ce serait alors de ne pas avoir l’essentiel, ou de ne pas être rassasié de ce que l’on a. Et dans une société de consommation où à longueur de journée on vous dit d’acheter, le décalage s’accroit entre « je veux » induit par cette culture de la consummation et « je peux » pécuniairement. Là aussi, dans la misère, il y a une part de décision personnelle à être et rester misérable.

Vous le voyez chaque jour : il y a des misères matérielles, et des misère morales, des misères spirituelles, des situation de misère professionnelle, qu’on appelle aussi « injonctions contradictoires ».

Heureusement, pour chacune de ces misères, il y a plein d’alternatives : Systèmes d’échanges locaux, frugalité heureuse : 

Il y a les initiatives locales du tissu associatif comme celles rapportées dans ce blog.

Devant les limites de l’action syndicale pour régler la souffrance au travail, il y a les Délégués sociaux en Entreprise présentés dans ce blog (la CFTC : un syndicat qui se remet en question !)

Devant le risque de dépendance aux allocations et à l’assistanat, il y a les zones Zéro chômeur de longue durée, créées par ATD Quart Monde

Devant le besoin de culture et de fondements de réflexion pour comprendre l’Homme, des formations se multiplient : on en a parlé dans ce blog et dont chaque article se donne un peu la mission de « formation »

Et tant d’autres choses qui mettent les personnes en mouvement pour « faire société », car si la volonté manifeste du libéralisme est de détruire tout lien (y compris le code du travail) pour assujettir les individus, la nature humaine étant ce qu’elle est, ce lien se recrée. Plus local, plus opérationnel, moins institutionnel, peut-être. Formidable espérance liée à ce que nous sommes vraiment : faits pour la RELATION entre nous. Le libéralisme ne peut pas avoir le dernier mot, de même que le communisme n’a pas pu tenir.

Préparons-nous à identifier et à vivre ce retournement, en commençant par sourire à la vie et en prenant un peu de temps – précieux temps –  pour écouter gratuitement (sans arrière-pensée) les gens que nous croisons au hasard de cette journée.

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