Dans la morale sociale CFTC figure ce qu’on appelle la « destination universelle des biens ». Cela veut dire que tout ce que nous avons, biens matériels ou immatériels, nous le devons à la fois à ceux qui nous les ont transmis de quelque manière que ce soit, et à ceux qui les recevront de nous, avec, en plus, notre valeur ajoutée.

Idéalement, tout bien est, en réalité, un bien commun. C’est le principe de l’économie circulaire, du développement durable, etc. : il n’y a pas de déchet, il n’y a que transmission de matière pour un cycle suivant. Question de responsabilité : vieille comme le monde : « qu’as-tu que tu n’aies reçu », plus de 2000 ans et pas une ride ! Nous pourrions extrapoler comme une récurrence mathématique : « qu’as-tu que tu ne doives transmettre? ». La pollution, l’absence de valorisation, de recyclage et de retraitement sont des fautes morales vis à vis des générations futures et vis à vis de nos propres contemporains.

De là l’idée que nos lois, nous dispositifs sociaux, nos accords doivent aussi être recyclés de temps en temps : ces textes et dispositifs sont des réponses à des problèmes constatés dans des contextes donnés. Le contexte évolue, le besoin évolue : la loi, le dispositif social, l’accord doivent évoluer, sous peine de devenir une propriété privée « privante », parce qu’inutilement coûteuse.

C’est pour cela que la CFTC a du mal avec la notion d' »acquis sociaux ». A l' »acquis », la morale questionne : « à qui ? ». Le bien commun répond : « à nous, pour tous », exprimant par là notre responsabilité du moment en vue des autres et des générations futures.

Ainsi peut-on considérer les changements réglementaires actuels comme positifs si leur finalité est bien celle-là : permettre à tous de vivre aujourd’hui, et aux générations futures de déployer leurs talents dans une industrie et une économie pérennisée.

Bien entendu, il y aura des prédateurs, des effets d’aubaine, parce que, n’en déplaise à Rousseau, l’Homme n’est pas naturellement bon. Mais il est capable du Bon. A nous, en société, de mettre les garde-fous. C’est ce que la CFTC a obtenu dans la négociation de la future convention collective de la Métallurgie, par exemple.

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