Un récent article du Monde permet au syndicaliste engagé dans les questions de formation professionnelle d’enrichir sa contribution en négociation. De même pour les parents d’enfants inscrits à l’université.

L’article montre qu’en matière d’enseignement de masse à distance, nous sommes en phase transitoire, on ne peut pas encore en tirer des certitudes opérationnelles et civilisationnelles. Et l’article indique que le business model des MOOC évolue encore.

 

Dans nos valeurs CFTC, nous avons « l’option préférentielle pour les pauvres ». Comment s’applique-t-elle ici? Les MOOC sont certainement adaptés aux étudiants autonomes dans leurs apprentissages et leur compréhension, voire autonomes dans leurs auto-contrôles de ces apprentissages, mais il restera toujours une frange d’étudiants qu’il faut prendre par la main, à cause de blocages divers. Ceux-là ont besoin de présentiel, d’une interaction personnelle avec le professeur et avec des camarades. Et des jeunes souffrant de blocages, il y en a de plus en plus, car les causes de blocages psy existent naturellement et augmentent avec l’éclatement des familles, les méthodes pédagogiques en primaire, la difficulté de se concentrer et de mémoriser du fait des écrans dès le plus jeune âge, etc…

Donc les MOOC ne doivent pas empêcher le professeur d’être disponibles en amphi. L’article du Monde montre qu’il existe une tentation pour le prof de passer du temps à peaufiner leurs vidéos -il est fascinant de se savoir vu potentiellement par le monde entier- ce temps étant temps passé au détriment des cours en fac.

Et puis, il faut rapprocher les MOOC des questions autour du télétravail, de l’auto-discipline, notamment. On ne peut pas être étonné que ce soient les CSP+ (les titulaires de diplômes supérieurs) qui soient les plus consommatrices de MOOC.

Ce système, en réalité, comporte le risque d’augmenter les fractures sociales au lieu de les réduire lorsqu’elle prétend rendre la formation disponible à tous. Aussi bien dans l’entreprise que dans la vie étudiante. La question est donc : comment en faire un outil de promotion sociale?

 

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