Nous avons déjà parlé du risque qu’est le prélèvement de l’impôt à la source, c’est à dire sur les fiches de paie, pour ce qui est de l’existence fiscale des familles, ainsi que sur la confusion des rôles entre employeur (payeur avec ses sous) et celui de préleveur fiscal (payeur avec nos sous).

Un autre point d’attention se situe sur le caractère « indolore » de cet impôt que nous n’avons plus à payer par un acte « positif », volontaire. Déjà, la mensualisation avait fait un pas important vers l’impôt indolore. Une étape supplémentaire sera franchie.

Or, nous savons que les cotisations sociales associées au système de cartes vitale et de tiers payant sont certes des facteurs d’économie administrative (numérique aidant) mais des facteurs de dé-responsabilisation citoyenne. Nous avons oublié que ces cotisations sont du salaire différé, mais du salaire tout de même.

Un risque parallèle se trouve dans l’impôt à la source : aurons nous conscience que par cet impôt, nous donnons des moyens à l’Etat et que nous devons contrôler l’utilisation de ces moyens? Meme si, objectivement, notre contrôle sur les dépenses de l’Etat est infime, tout de même, lorsque nous faisions le chèque, notre conscience était sollicitée.

Tout est fait pour que notre conscience soit anesthésiée, afin, peut-être, que l’Etat n’ait plus à rendre de comptes?

Le technicisme dit « oui » au prélèvement à la source. Mais que dit l’anthropologie?

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