Dans nos principes fondamentaux CFTC, la solidarité entre les êtres humains vient de la communauté de destin et de ce lien qui existe entre tous les êtres humains, du fait qu’ils sont Hommes, et du fait que nous soyons des animaux sociaux. Il est d’ordre social, sociétal, anthropologique et spirituel (métaphysique, si vous voulez). Mais ce lien, pour qu’il manifeste l’amour, doit être librement accepté et habité par nos choix. Ainsi, nous devrions avoir le choix de ce moyen d’expression de l’amour. L’Etat, comme garant du bien commun, peut encourager et privilégier les formes que peut prendre ce lien d’amour envers nos anciens dépendants. Mais le principe de subsidiarité commande que chacun puisse déterminer en conscience la forme que cette solidarité peut ou doit prendre, selon ses moyens et ses devoirs de proximité, à commencer par ses liens familiaux.

Le même principe de subsidarité énoncera également que, si il y a une politique publique de prise en charge de la dépendance, elle puisse être financée par l’impôt : c’est le niveau le plus haut, mais c’est bien le bon niveau de financement en face du niveau de responsabilité politique. La question est celle de la nécessité d’atteindre ce niveau.

Lors de l’interview réalisée ce dimanche, le Président de la République a abordé cette question de la dépendance. L’idée d’une deuxième « journée de solidarité » a été évoquée.

Mais de quelle solidarité parle-t-on ? La CFTC rappelle qu’il n’existe pas officiellement de « journée de solidarité », mais qu’il n’y a en réalité qu’une taxe de 0,3 % sur les salaires. Cette « contribution solidarité autonomie » ne donne pas lieu dans toutes les entreprises au même traitement. Alors que certains travaillent un jour férié, d’autres travaillent 1 minute et 52 secondes de plus par jour et certains n’ont rien changé, leur employeur ayant pris à sa charge (au détriment des augmentations) le surcoût. Nous ne sommes donc pas dans ce que nous appelions ci-dessus une « politique publique financée par l’impôt ».

Cette solidarité ne touche pas tout le monde : les professions libérales ne sont pas assujetties à cette taxe. Le fait d’être travailleur indépendant protège-t-il de la maladie d’Alzheimer ?

Tous les ans, la CFTC couvre par un mot d’ordre de grève tout salarié du secteur privé tout salarié qui se voit obligé de travailler gratuitement un jour férié au titre de cette « journée de solidarité ». Tant que cet effort, pourtant nécessaire, ne sera pas justement réparti et organisé, la CFTC ne pourra pas apporter son soutien à cette mesure sous cette forme.

La CFTC encourage chacun à prendre conscience de sa responsabilité personnelle vis à vis de la dépendance au sein même de ses relations familiales et de voisinage.

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