La CFTC est opposée au travail le dimanche parce qu’elle considère qu’un temps de disponibilité non marchand doit être préservé, pour le bien de ce qui est humain en l’homme (la capacité d’être et de se donner gratuitement)

Notre incapacité collective à résister à la facilité du commerce et de la production 7 jours sur 7 montre à quel point nous avons renoncé à notre liberté. Nous avons renoncé à cette alternance au cœur même de la semaine, ne désirant même plus cette alternance jour/nuit qui permet de prendre un peu de recul sur ce qu’on a fait en journée, et de voir que cela était bon » (ou de corriger ce qui ne l’est pas). Nous avons renoncé au repos, au retrait, à la distanciation, à ce jour qui permet de sortir du temps pour s’attacher, comme les juifs, à ce qui est hors du temps (l’amour, qui « ne passera jamais », et toutes ses variantes : présence, écoute, disponibilité aux autres, au Cosmos, …)

Un entrepreneur me questionne, en tant que syndicaliste : « d’accord sur ce que vous dites, mais alors on bosse le samedi, parce qu’une coupure de 2 jours, c’est trop, on a du mal à se remettre au travail le lundi, on perd le fil !  » En toute rigueur, on peut comprendre sa remarque – on fait assez le reproche à ces vacances d’été d’être une coupure trop grande pour nos enfants scolarisés. Qui ne travaille pas le samedi, d’ailleurs? Tout le monde travaille le samedi, en exerçant son métier de parent, en tenant sa maison, son patrimoine, en participant aux associations sans lesquelles la France serait déjà en ruine socialement. La question n’est pas là, elle est dans le manque de reconnaissance de la société économique vis à vis de la valeur de ce travail.

Alors oui, un dimanche vraiment cosmique, un travail parental du samedi vraiment reconnu. On peut s’entendre.

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